L’huile d’olive semble souvent stable d’une année sur l’autre. Pourtant, chaque récolte porte une signature différente. La météo, la maturité des olives et les choix d’extraction influencent directement son profil.
À Cadenet, dans le Sud Luberon, La Bastide du Laval défend cette lecture millésimée. Le domaine familial, dirigé par Léo Coupat, dévoile ainsi ses nouveaux crus. Les 14 huiles d’olive du domaine sont désormais disponibles.
Le millésime, une clé pour mieux comprendre l’huile d’olive
Le mot “millésime” évoque souvent le vin. Pourtant, il concerne aussi l’huile d’olive. Une huile naît d’une récolte précise, avec ses propres conditions.
D’abord, chaque campagne oléicole dépend de la météo. Ensuite, la maturité des fruits modifie les arômes. Enfin, les choix de récolte et d’extraction influencent la texture.
À La Bastide du Laval, cette variation fait partie du travail. Elle ne change pas l’identité des huiles. Au contraire, elle enrichit leur expression au fil des années.
Léo Coupat joue ici un rôle central. En tant qu’oléologue, il compose les assemblages à partir des lots de l’année. Ainsi, il conserve une signature gustative stable. Cependant, il laisse aussi apparaître les nuances du millésime.
Cette approche aide à mieux lire l’huile d’olive. Elle invite à la considérer comme un produit vivant. Elle rappelle aussi le lien direct entre terroir, saison et savoir-faire.

Une reconnaissance régionale et nationale en 2026
Les nouveaux crus 2026 arrivent avec une reconnaissance importante. En février, La Bastide du Laval a reçu huit médailles lors de concours de référence.
Le 12 février 2026, le domaine a participé au Concours des Huiles d’Olive de la Région Sud. Il y a remporté trois médailles d’or et une médaille d’argent. Ce concours valorise le savoir-faire oléicole de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Puis, le 22 février 2026, La Bastide du Laval a également brillé au Concours Général Agricole. Ce rendez-vous se tient à Paris, pendant le Salon International de l’Agriculture. Le jury y évalue les huiles selon leur équilibre, leur complexité et leur intensité aromatique.
Le domaine y a obtenu trois médailles d’or et une médaille d’argent. Au total, il compte donc six médailles d’or et deux médailles d’argent en 2026. Ces résultats soulignent la régularité du travail mené au moulin. Ils montrent aussi l’importance des assemblages. Grâce à cette précision, chaque huile garde son identité tout en exprimant l’année.
Un domaine ancré dans le Sud Luberon
La Bastide du Laval se situe à Cadenet, près de Lourmarin. Le domaine s’organise autour d’une bastide du XVIIIe siècle. Il s’ouvre aussi sur le massif du Luberon. Ses 4 000 oliviers forment le cœur de l’exploitation. Depuis 1998, le domaine les cultive en agriculture biologique. Ce choix traduit une relation durable au sol, aux arbres et au temps long.
Ici, le terroir ne sert pas seulement de décor. Il guide les pratiques agricoles. Il influence aussi le rythme des récoltes et le profil des huiles. Le moulin renforce cette cohérence. Inauguré en 2014, il permet de transformer les olives sur place. Ainsi, le domaine réduit le délai entre la cueillette et l’extraction.
Cette rapidité joue un rôle essentiel. Elle préserve la fraîcheur du fruit, les arômes naturels et certains composés précieux. De plus, elle permet d’adapter l’extraction à chaque lot.
Quatorze huiles pour exprimer une même exigence
Les nouveaux crus concernent les 14 huiles d’olive du domaine. Chacune conserve son profil, mais porte aussi l’empreinte de l’année.
Parmi elles, plusieurs références structurent la gamme. Tradition, Subtile, Ardence, Intense, Origine, Création et Délicate offrent des repères clairs. Chaque nom correspond à une expression aromatique précise.
Ainsi, le consommateur peut mieux comprendre les différences. Certaines huiles proposent plus de douceur. D’autres affichent une intensité plus marquée. Toutes suivent néanmoins une même exigence de qualité.
Le travail d’assemblage reste donc déterminant. Léo Coupat sélectionne les lots pour préserver la continuité gustative. En parallèle, il respecte les nuances propres à la récolte.
Cette méthode donne une lecture plus fine de l’huile d’olive. Elle montre qu’un même domaine peut proposer plusieurs expressions. Elle rappelle aussi que la régularité demande un travail précis.
Une histoire familiale tournée vers la transmission
La Bastide du Laval raconte aussi une histoire de reconversion. Carine et Roland Coupat ont travaillé près de quinze ans dans le tourisme. Ensuite, ils ont choisi de revenir à la terre.
En 1998, ils s’installent à Cadenet. Ils découvrent un ancien domaine viticole et une bastide à faire revivre. Peu à peu, ils apprennent les techniques oléicoles et plantent des oliviers. Le projet s’inscrit dans une histoire familiale. Roland descend de vignerons. Carine vient d’une famille d’agriculteurs. Leur parcours prolonge donc un lien ancien avec la terre.
En 2020, leur fils Léo Coupat reprend l’activité. Diplômé de SKEMA Business School, il possède aussi un diplôme d’oléologue. Il poursuit le développement du domaine sans rompre avec ses valeurs fondatrices.
Depuis, le moulin a grandi. De nouvelles machines ont également rejoint l’outil de production. Elles permettent notamment de mieux valoriser les déchets issus de la trituration.
Un lieu ouvert à l’oléotourisme
La Bastide du Laval ne se limite pas à la production. Le domaine accueille aussi le public tout au long de l’année. Il propose des visites, des dégustations, des ateliers et des cours de cuisine.
Cette ouverture donne une place importante à la transmission. Les visiteurs comprennent mieux les étapes de production. Ils découvrent aussi le rôle du moulin, du terroir et de la dégustation.
Chaque année, plus de 35 000 visiteurs viennent sur le domaine. Ce chiffre montre l’intérêt croissant pour l’oléotourisme. Il confirme aussi la curiosité du public pour les produits agricoles de qualité.
Avec ses nouveaux crus, La Bastide du Laval met en avant une idée simple. L’huile d’olive peut se lire comme un millésime. Elle raconte une récolte, un territoire et un savoir-faire familial.