Retourner à la plage après une mastectomie soulève des questions très concrètes. Faut-il garder une prothèse pour nager ? Comment protéger une cicatrice ? Peut-on assumer une asymétrie sans que le vêtement cherche systématiquement à la dissimuler ? Avec Amazone Solaire, Les Monocyclettes abordent le maillot de bain post-mastectomie sous l’angle du choix. Leur première collection de bain cherche à s’adapter aux différents usages, avec ou sans prothèse, sans adopter les codes d’un vêtement médicalisé.
Après une mastectomie, le maillot doit répondre à plusieurs usages
Un maillot de bain classique répond principalement à des questions de coupe, de confort et de style. Après une mastectomie, d’autres paramètres peuvent entrer en jeu.
Une prothèse externe peut devenir inconfortable pendant la baignade. Sans elle, les modèles traditionnels ne prennent pas nécessairement en compte une poitrine asymétrique. Une cicatrice peut aussi nécessiter une protection particulière face au soleil.
La difficulté consiste alors à trouver un vêtement qui accompagne ces réalités sans imposer une seule manière de présenter son corps.
C’est précisément sur cette notion de liberté que Les Monocyclettes ont travaillé. La marque était déjà spécialisée dans la lingerie post-mastectomie. Avec Amazone Solaire, elle transpose cette démarche à la plage et à la baignade.
Avec ou sans prothèse : Amazone Solaire veut laisser le choix
La collection a été développée avec des femmes ayant vécu une mastectomie. Des sondages ont permis à la marque de recueillir leurs attentes sur le maintien, les coupes et le style.
Plusieurs besoins ont ainsi guidé la conception :
- pouvoir porter le maillot avec ou sans prothèse ;
- accompagner l’asymétrie sans forcément chercher à la cacher ;
- préserver la liberté de mouvement dans l’eau ;
- utiliser des matières confortables sur une peau fragilisée ;
- proposer une esthétique éloignée des codes médicaux.
Cette co-construction permet surtout d’envisager différents usages. Une même femme peut souhaiter porter une prothèse à certains moments et s’en passer à d’autres. Le vêtement cherche donc à suivre ce choix plutôt qu’à le déterminer.

Calypso travaille la silhouette sans chercher à la standardiser
Pièce centrale de la collection, Calypso est un maillot une pièce conçu pour fonctionner dans différentes configurations.
Son jeu de lignes et son volant permettent d’équilibrer visuellement les volumes. Le modèle ne cherche donc pas à reproduire artificiellement une poitrine symétrique. Il travaille plutôt la silhouette dans son ensemble.
La matière apporte une autre dimension fonctionnelle. Le maillot utilise du Lycra upcyclé, anti-UV et résistant au chlore. Ces caractéristiques répondent aux contraintes liées à la baignade et à la protection des zones sensibles.
Les Monocyclettes l’ont notamment décliné dans des teintes chocolat et eucalyptus. Son prix de lancement est annoncé à 115 euros.
Un kimono complète cette première collection et permet de moduler davantage la tenue hors de l’eau.
Une baignade personnelle à l’origine d’une réflexion plus large
Cette recherche de modularité fait directement écho au parcours d’Angélique Lecomte.
Ancienne infirmière, elle traverse un cancer du sein en 2016 et subit une mastectomie. Pendant les deux années suivantes, elle apprend à vivre avec son nouveau corps en attendant de pouvoir envisager une reconstruction. Lorsque celle-ci devient possible, elle choisit finalement de ne pas y recourir.
Une expérience de baignade sans prothèse fait notamment apparaître un manque : le confort gagné dans l’eau ne trouve pas toujours son équivalent dans l’offre vestimentaire disponible.
Cette expérience personnelle nourrit la création des Monocyclettes. Mais la marque ne s’arrête pas au maillot. Elle développe aussi des soutiens-gorge mono-bonnets, des modèles avec poches et des solutions destinées aux poitrines plates ou aux grandes tailles.
Des tatouages éphémères permettent également de décorer les cicatrices ou de recréer temporairement une aréole mammaire. Un accompagnement en conseil en image complète l’ensemble.
Le vêtement post-mastectomie sort progressivement d’une logique unique
Avec Amazone Solaire, Les Monocyclettes abordent finalement une question plus large que celle du maillot : comment concevoir des vêtements lorsque les corps et les attentes ne suivent pas tous le même modèle ?
La marque prévoit déjà d’étendre sa gamme de bain. Elle travaille aussi sur des collaborations autour des soins solaires, des cheveux fragilisés par la chimiothérapie et du tatouage éphémère.
Cette diversification conserve un même fil conducteur. Après une mastectomie, certaines femmes souhaitent porter une prothèse. D’autres préfèrent vivre sans. Les besoins peuvent aussi changer selon les moments.
Amazone Solaire ne cherche donc pas à imposer une silhouette de référence. La collection tente plutôt de donner au maillot une fonction plus simple : permettre de choisir comment se sentir à l’aise à la plage et dans l’eau.