Ace’98 : Zèta transforme des balles de tennis usagées en sneakers

16 septembre, 2026 | Mode & Bijoux, Sports

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Chaque année, les clubs de tennis français utilisent près de 14 millions de balles. Leur durée d’utilisation reste pourtant courte. Une fois usées, ces balles deviennent difficiles à valoriser. La marque française Zèta explore une autre piste avec Ace’98. Cette nouvelle sneaker intègre du caoutchouc issu de balles de tennis recyclées. Elle associe ainsi l’univers du sport aux principes de l’économie circulaire.

Des balles de tennis transformées en nouvelle matière

Une balle de tennis perd rapidement ses qualités nécessaires au jeu. Or, sa composition rend aussi sa fin de vie complexe. Selon les données présentées par Zèta, 97 % des balles usagées finissent en décharge ou sont incinérées.

La marque a donc travaillé pendant plus d’un an avec ses fournisseurs et des clubs de tennis. L’objectif consistait à développer une matière pouvant intégrer la fabrication d’une sneaker.

Les balles proviennent de clubs situés dans la région de Porto, au Portugal. Elles suivent ensuite plusieurs étapes de transformation :

  • les balles usagées sont collectées auprès des clubs ;
  • elles sont broyées en fines particules ;
  • la matière obtenue rejoint du caoutchouc synthétique recyclé ;
  • le mélange sert ensuite à fabriquer une partie de la semelle.

Zèta utilise également cette nouvelle matière pour réaliser le logo présent sur la tige. Un objet arrivé en fin de vie sportive trouve ainsi une nouvelle utilisation dans la mode.

Ace’98, une sneaker aux références venues du tennis

L’univers du tennis ne se retrouve pas uniquement dans les matériaux. Il influence aussi l’identité visuelle de la Ace’98.

La sneaker adopte une silhouette basse, une semelle épaisse et des tonalités vintage. Son esthétique reprend certains codes caractéristiques des années 1990. La collection se décline par ailleurs en cinq teintes.

Son nom fait référence à 1998 et à l’héritage du tennis. Zèta associe ainsi une esthétique rétro à une réflexion plus actuelle sur les matières utilisées dans la mode.

La collection ne se limite pas aux chaussures. Elle comprend aussi un tee-shirt, des chaussettes et une casquette. Ces pièces sont fabriquées au Portugal avec des matières recyclées ou upcyclées.

Une production limitée et réalisée au Portugal

Ace’98 est proposée en édition limitée à 500 paires. Pour cette production, environ cinq kilos de matière provenant d’une centaine de balles sont revalorisés.

La sneaker utilise aussi du coton, du plastique et du caoutchouc recyclés. De plus, sa conception est entièrement vegan.

Zèta indique que la fabrication d’une paire d’Ace’98 génère six fois moins de CO₂ qu’une paire de sneakers traditionnelle. L’assemblage a lieu au Portugal, dans un atelier familial. La marque privilégie ainsi un circuit de production géographiquement resserré.

Cette démarche place la réutilisation de matières existantes au centre du processus de création.

Des matières alternatives au cœur du projet de Zèta

Ace’98 prolonge une démarche engagée dès la création de Zèta à Bordeaux en 2020. La marque expérimente depuis plusieurs années des matières alternatives pour fabriquer ses sneakers.

Elle a notamment exploré des matières issues :

  • du raisin ;
  • du maïs ;
  • du café ;
  • de l’olive.

Les balles de tennis ajoutent donc une nouvelle ressource à cette liste. Cette fois, Zèta se tourne vers un déchet provenant directement de l’univers sportif.

L’approche consiste à réutiliser une matière disponible plutôt qu’à dépendre uniquement de ressources nouvelles. La sneaker devient alors un terrain d’expérimentation pour différentes solutions de valorisation.

Une idée née de l’expérience personnelle de Laure Babin

Le projet Ace’98 trouve son origine lors d’une partie de tennis entre Laure Babin, fondatrice de Zèta, et son père. En voyant les balles usagées à la fin du match, elle s’interroge sur leur devenir.

Cette observation donne progressivement naissance au projet. Laure Babin avait déjà placé les matières alternatives au centre de sa démarche entrepreneuriale. Elle a créé Zèta pendant ses études en management, après s’être intéressée à l’impact environnemental de l’industrie de la mode.

Avec Ace’98, la marque poursuit ses recherches autour de la revalorisation. Le projet illustre aussi les passerelles possibles entre deux univers : le sport et la mode circulaire.

En transformant des balles devenues inutilisables sur les courts, Zèta leur attribue ainsi une nouvelle fonction. Ace’98 montre comment un déchet sportif peut devenir une matière exploitable pour concevoir un produit différent.

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