Et si les kilomètres parcourus chaque jour permettaient aussi de mieux connaître et de préserver le patrimoine français ? C’est le principe d’exod, une application développée à Montpellier par GC Tech. Déployée dans toute la France depuis la mi-août 2026, elle associe marche, jeu et découverte culturelle à un mécanisme de soutien à des projets patrimoniaux.
L’application cherche ainsi à valoriser un patrimoine parfois méconnu : monuments, édifices historiques, curiosités locales ou spécialités régionales que l’on croise au quotidien sans nécessairement connaître leur histoire.
exod : quand les pas deviennent une mécanique de jeu
Le fonctionnement d’exod repose d’abord sur une activité accessible à tous : la marche. Les déplacements effectués par les utilisateurs permettent de progresser dans le jeu et d’obtenir des « Oboles », une monnaie virtuelle pouvant ensuite être affectée à des collectes consacrées à la sauvegarde du patrimoine.
L’expérience s’articule autour de quatre dimensions : marcher, explorer, jouer et contribuer. L’objectif est de dépasser le simple comptage des pas en donnant aux déplacements une dimension culturelle et collective.
L’application propose également des mécanismes de progression, de collection et de défis destinés à encourager l’exploration du monde réel.
Plus de 75 millions de pas comptabilisés en moins d’un mois
Selon les chiffres communiqués par exod, ses premiers utilisateurs ont cumulé plus de 75 millions de pas en moins de 25 jours.
Cette activité a déjà donné lieu à un premier soutien financier. Fin août 2026, 708 euros ont été reversés à la commune de Saint-Salvadou, dans l’Aveyron, afin de participer à la reconstruction de l’église Sainte-Marie-Madeleine, dont la toiture avait été endommagée par un incendie.
Cette première contribution illustre le modèle défendu par l’application : agréger les déplacements individuels pour générer progressivement des ressources destinées à des projets de préservation.
Avec exod, le patrimoine devient un terrain d’exploration
Au-delà de son volet contributif, exod mise sur la découverte de proximité. L’application entend attirer l’attention sur des lieux parfois situés à quelques centaines de mètres seulement de ses utilisateurs.
Une façade ancienne, une chapelle, un monument, un sentier ou encore une particularité gastronomique peuvent ainsi devenir des points d’intérêt au cours d’un déplacement.
L’idée est de faire du smartphone un outil d’intermédiation plutôt qu’une destination en soi : l’application fournit des informations et des mécaniques de jeu, tandis que l’expérience se déroule principalement dans l’environnement réel.
Plus de 20 000 lieux à découvrir en France
Depuis son déploiement national, exod recense plus de 20 000 lieux à découvrir. L’application propose également 74 projets patrimoniaux susceptibles d’être soutenus par sa communauté.
Son positionnement lui permet de s’adresser à différents profils : marcheurs, randonneurs, familles, voyageurs, amateurs d’histoire et de patrimoine ou personnes souhaitant simplement découvrir différemment leur environnement quotidien.
L’un des principes du concept est justement de ne pas imposer de destination particulière. L’exploration peut commencer autour du domicile, sur le trajet du travail ou pendant une promenade.
Qui se cache derrière exod ?
exod est développé par GC Tech, une entreprise montpelliéraine également à l’origine de Generation Voyage, média consacré au voyage et à la découverte.
Avec cette application, l’entreprise transpose une partie de son expérience dans l’univers du jeu mobile. Le voyage reste présent en toile de fond, mais la découverte se concentre cette fois sur les territoires parcourus au quotidien.
Le projet a d’abord été expérimenté à Montpellier, avant d’être étendu à l’Occitanie puis à l’ensemble du territoire français à la mi-août 2026.

Du voyage au jeu mobile
Le concept repose sur un constat : une partie du patrimoine local demeure peu connue, y compris des personnes qui vivent à proximité, tandis que de nombreux édifices nécessitent des financements pour leur conservation ou leur restauration.
exod cherche à créer un lien entre ces deux enjeux en utilisant la marche et les mécaniques du jeu pour attirer l’attention sur les territoires et générer une contribution financière.
L’entreprise résume cette philosophie dans sa Charte du patrimoine par cette formule : « Le patrimoine ne meurt pas faute d’argent d’abord, il meurt faute d’attention. »
Comment exod finance-t-il les projets patrimoniaux ?
La marche, l’exploration et la participation aux projets patrimoniaux sont proposées gratuitement aux utilisateurs.
Le modèle économique d’exod s’appuie sur plusieurs sources de revenus : publicité volontaire, achats optionnels au sein de l’application, partenariats avec des marques ou des professionnels du tourisme et affiliation.
Une partie des revenus ainsi générés est destinée à alimenter les montants reversés aux projets soutenus par les joueurs.
Le modèle repose donc en partie sur un effet de communauté : l’augmentation du nombre d’utilisateurs et de leur activité doit permettre à l’application d’accroître les ressources susceptibles d’être consacrées au patrimoine.
Quelles sont les prochaines actualités d’exod ?
Après son lancement national durant l’été 2026, exod entre désormais dans une phase de développement à l’échelle française. L’équipe souhaite élargir sa communauté et enrichir progressivement son terrain d’exploration.
Le calendrier accompagne cette ambition. Les Journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre 2026 ont notamment constitué une occasion de rappeler que la découverte du patrimoine ne se limite pas aux grands rendez-vous culturels.
L’application défend au contraire une pratique régulière, intégrée aux déplacements ordinaires.
exod vise aussi les touristes étrangers
Le développement en France ne constitue qu’une première étape. À terme, exod prévoit d’ouvrir son expérience aux touristes étrangers, avant d’envisager un déploiement dans d’autres pays.
Cette internationalisation prolongerait le principe initial de l’application : transformer des territoires existants en espaces de découverte grâce à une combinaison de marche, de jeu et d’informations patrimoniales.
Pour résumer sa démarche, Eric Gérardin, cofondateur et CEO d’exod, avance une formule : « Le plus grand terrain de jeu au monde existe déjà. Nous aidons simplement les joueurs à le voir. »
Avec plus de 20 000 lieux référencés, 74 projets patrimoniaux proposés à sa communauté et 75 millions de pas enregistrés en moins de 25 jours selon l’entreprise, exod cherche désormais à installer ce nouveau type d’usage dans la durée : faire des déplacements quotidiens une occasion de découvrir son environnement et, parallèlement, de contribuer à la préservation du patrimoine.