Entrer dans un cours de danse suppose parfois de franchir une première barrière : celle du regard que l’on porte sur son propre corps. Certaines personnes pensent manquer de souplesse, de rythme ou d’expérience. La Sophrodanse Orientale® propose justement de déplacer cette attention. Ici, la réussite d’un mouvement compte moins que les sensations qu’il procure. Danse orientale, respiration et conscience corporelle se rencontrent pour créer une pratique centrée sur la présence à soi.
Dans la salle, la danse commence avant même d’apprendre à danser
La démarche ne cherche pas d’abord à reproduire parfaitement une chorégraphie.
Elle invite les participantes à observer leur posture, leur respiration et leurs sensations. Les mouvements circulaires, ondulations et déplacements issus de la danse orientale deviennent des supports d’exploration.
Cette approche s’est construite à partir d’une observation répétée par Beelinda Zekhenine pendant près de trente ans d’enseignement. Des femmes qui arrivaient avec peu d’assurance corporelle modifiaient progressivement leur façon de bouger et d’occuper l’espace.
Cette expérience a nourri le concept « Danser pour être », situé à la rencontre de la danse, de la sophrologie et du développement personnel.
La performance artistique passe ainsi au second plan. L’attention se porte davantage sur la manière dont chaque participante vit le mouvement.

Cinq voyelles pour donner un fil conducteur à la pratique
Pour structurer la Sophrodanse Orientale®, Beelinda Zekhenine a développé une méthodologie baptisée AEIOU.
Plutôt que d’accumuler librement des exercices, celle-ci organise la séance autour d’une progression :
- Éveil corporel, pour porter attention aux sensations et au souffle ;
- Ancrage, afin de travailler la stabilité et le recentrage ;
- Régulation, autour du relâchement des tensions ;
- Expression, pour explorer davantage le geste et l’aisance corporelle ;
- Intégration, afin de prolonger certains acquis au-delà de la séance.
La danse devient ainsi un support pédagogique. Des exercices inspirés de la sophrologie viennent compléter le travail corporel, notamment autour de la respiration et de l’attention portée aux sensations.
Cette construction permet aussi de donner des repères aux participantes sans transformer la séance en recherche de performance.
Ici, il n’existe pas vraiment de « bon corps » pour danser
L’un des principes de la méthode concerne son accessibilité.
Au fil des années, les ateliers ont réuni des profils très différents : étudiantes, mères de famille, femmes en reconversion ou seniors. Certaines pratiquaient déjà la danse. D’autres la découvraient entièrement.
L’âge, le niveau technique ou la morphologie ne constituent donc pas le point de départ de l’expérience.
Cette diversité prend une importance particulière dans le parcours de Beelinda Zekhenine. Originaire du Havre et d’abord coiffeuse, elle se forme à la danse orientale en Égypte auprès du maître Asmast. Elle obtient en 1995 un certificat de professeur avant de créer Orient Danse.
Elle transmet ensuite la danse orientale égyptienne en Seine-Saint-Denis, où cette discipline reste alors peu enseignée. C’est au contact de ses élèves qu’elle commence à envisager le mouvement autrement que sous son seul angle artistique.
La Sophrodanse Orientale® naît progressivement de cette expérience de terrain.
Le mouvement devient une façon d’explorer plutôt que de démontrer
Cette distinction permet de comprendre ce qui sépare la méthode d’un cours de danse exclusivement technique.
Une participante peut apprendre des mouvements issus de la danse orientale, mais l’objectif annoncé ne consiste pas à former des danseuses professionnelles. Le geste sert plutôt à explorer sa relation au corps, à la respiration et à l’expression personnelle.
La musique orientale apporte de son côté un cadre culturel et rythmique à cette exploration.
La Sophrodanse Orientale® reste néanmoins une pratique de bien-être et de développement personnel. Elle ne se substitue pas à un accompagnement médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.
Après près de trente ans de transmission, la méthode veut sortir de son territoire d’origine
Beelinda Zekhenine souhaite désormais donner une nouvelle dimension au projet.
Son développement doit passer par de nouveaux cours, des ateliers dans différentes villes et des stages immersifs. Des formations structurées autour de la méthode AEIOU sont également envisagées afin de transmettre plus largement l’approche.
Des partenariats avec des structures professionnelles et associatives ainsi que des conférences autour de la danse et de la conscience corporelle figurent aussi parmi les pistes annoncées.
Cette nouvelle étape conserve toutefois le principe qui a progressivement façonné la méthode : ne plus considérer le corps uniquement comme quelque chose que l’on montre ou que l’on juge.
Avec « Danser pour être », la Sophrodanse Orientale® propose au contraire d’en faire un espace que l’on écoute, que l’on explore et avec lequel on apprend à renouer par le mouvement.artient au fonctionnement individuel et ce qui nécessite éventuellement une orientation vers d’autres professionnels de santé.