Formateur-Pro.fr, fondé par Leandro Lozahic, analyse l’évolution du Compte personnel de formation (CPF) dans un contexte de contrôles renforcés. Alors que plus de 12 milliards d’euros ont été engagés depuis 2019, la distinction entre fraude pénale et erreur administrative devient essentielle pour sécuriser à la fois les titulaires et les professionnels.
Un dispositif désormais structurant
En un peu plus de quatre ans, 8,6 millions de dossiers ont été financés. Rien qu’en 2024, plus de 2 milliards d’euros ont été mobilisés. Ces chiffres illustrent l’ampleur du dispositif.
Par ailleurs, la plateforme Mon Compte Formation a renforcé l’autonomie des actifs. Elle a simplifié l’inscription et facilité l’accès aux droits. Toutefois, l’augmentation des volumes financiers a entraîné un encadrement plus strict. Ainsi, audits Qualiopi, contrôles des OPCO et interventions des DREETS rythment désormais la vie des organismes.
En conséquence, la conformité n’est plus accessoire. Elle est devenue structurante.
Une confusion persistante entre fraude et fragilité administrative
Certaines pratiques relèvent clairement de la fraude. Il s’agit notamment d’usurpations d’identité, de démarchages trompeurs ou d’inscriptions sans consentement. Dans ces cas, l’intention frauduleuse est caractérisée.
En revanche, toutes les irrégularités ne sont pas des délits. Par exemple, un dossier peut présenter des preuves incomplètes. De même, la traçabilité en formation ouverte et à distance (FOAD) peut être insuffisante. Il peut aussi exister des incohérences documentaires.
Cependant, ces situations ne traduisent pas nécessairement une volonté d’escroquerie. Pourtant, dans le débat public, l’amalgame persiste. Dès lors, un climat de suspicion s’installe. Cela peut freiner les titulaires et fragiliser les acteurs de bonne foi.
L’approche de Leandro Lozahic et de Formateur-Pro.fr
Leandro Lozahic intervient en droit et conformité de la formation professionnelle depuis 2011. Il est également fondateur de la plateforme Formateur-Pro.fr. Son initiative “Fraude au CPF” vise à structurer le débat.
D’une part, un kit pédagogique s’adresse au grand public. Il repose sur “10 signaux d’alerte” et “10 réflexes”. L’objectif est simple : aider les titulaires à sécuriser leurs démarches. Ainsi, ils peuvent identifier les situations à risque et savoir comment réagir.
D’autre part, une méthode dite de “preuves & traçabilité” cible les professionnels. Elle repose sur trois piliers : formalisation des processus, cohérence documentaire et conservation organisée des justificatifs. En particulier, la traçabilité en FOAD fait l’objet d’une attention renforcée.
Ainsi, la conformité devient démontrable. Elle ne repose plus uniquement sur une déclaration.

Restaurer la confiance dans un cadre exigeant
Leandro Lozahic s’appuie sur plus de 5 000 accompagnements réalisés. Il a également conduit plus de 900 audits Qualiopi et suivi de nombreux contrôles DREETS. Cette expérience nourrit une approche pragmatique.
De plus, l’initiative adopte une posture claire. Aucun organisme n’est visé. Aucune dénonciation n’est mise en avant. Au contraire, l’objectif est d’apporter des repères concrets.
En distinguant explicitement fraude pénale et erreur administrative, la démarche contribue à apaiser le débat. Elle permet également de sécuriser l’usage du CPF. Enfin, elle participe à préserver les acteurs sérieux dans un environnement réglementaire renforcé.